En 1926, Hans Wilsdorf, fondateur de Rolex, révolutionnait l’horlogerie en créant le premier boîtier véritablement étanche au monde. Baptisé “Oyster” (huître), ce système innovant allait transformer la montre-bracelet d’accessoire fragile en instrument fiable capable de résister aux éléments. Cette avancée technique majeure posait les fondations de la réputation d’excellence de Rolex.
Les origines d’une obsession pour l’étanchéité
L’entrepreneur allemand Hans Wilsdorf, installé à Londres puis à Genève, poursuivait deux objectifs majeurs : créer des montres à la fois précises et résistantes. Dès le début des années 1920, il travaillait sur des prototypes de montres étanches, conscient que l’humidité et la poussière constituaient les principaux ennemis de la précision horlogère. En 1922, il développa “The Submarine”, un premier modèle utilisant un système de double boîtier avec lunette et verre vissés.
L’acquisition d’un brevet décisif
Le 17 mai 1926, deux horlogers suisses, Paul Perregaux et Georges Perret, déposèrent un brevet pour une couronne vissée s’intégrant directement dans le boîtier. Wilsdorf comprit immédiatement le potentiel de cette innovation et racheta ce brevet dès juillet 1926, le déposant simultanément en Angleterre, Allemagne et États-Unis. Cette couronne vissée, fonctionnant comme une écoutille de sous-marin, complétait parfaitement son système de fond vissé et de lunette d’étanchéité.
La naissance du système Oyster
Le dispositif complet, breveté sous le nom “Oyster” en 1926, reposait sur trois éléments clés : un fond vissé, une lunette vissée et une couronne de remontoir également vissée. Cette construction hermétique protégeait efficacement le mouvement contre l’eau et la poussière. Le nom “Oyster” faisait référence au mollusque capable de rester immergé sans que l’eau n’endommage son intérieur – une métaphore parfaite pour cette innovation.
La validation spectaculaire par Mercedes Gleitze
Pour démontrer l’efficacité de son invention, Wilsdorf mit en place une opération marketing audacieuse. En 1927, il équipa Mercedes Gleitze, première femme britannique à traverser la Manche à la nage, d’une montre Rolex Oyster. Après plus de dix heures dans l’eau froide, la montre émergea parfaitement fonctionnelle. Le lendemain, Wilsdorf acheta une page entière dans le Daily Mail pour annoncer “Le plus grand triomphe de l’horlogerie”, associant définitivement Rolex à l’exploit sportif et à la fiabilité technique.
L’évolution vers le Perpetual
Si le boîtier Oyster résolvait le problème d’étanchéité, un défi subsistait : la couronne vissée, maillon faible du système, devait être régulièrement dévissée pour remonter la montre, ce qui risquait d’user prématurément les joints. En 1931, Wilsdorf compléta son dispositif en introduisant le mécanisme “Perpetual” à remontage automatique, éliminant ainsi la nécessité de manipuler fréquemment la couronne et renforçant l’étanchéité du système.
L’héritage durable de l’Oyster
Le boîtier Oyster associé au mouvement Perpetual donna naissance à l’Oyster Perpetual, qui reste aujourd’hui au cœur de presque toutes les montres Rolex. Cette innovation de 1926 a non seulement transformé Rolex en leader de l’horlogerie de précision, mais a également redéfini les standards de l’industrie tout entière. La montre-bracelet passait du statut d’accessoire délicat à celui d’instrument robuste et fiable pour le quotidien.